Les chiffres publiés, sans reconstitution
Le communiqué mensuel de la PFA, relayé notamment par L'argus Pro, donne quatre repères. Marché VP juillet : 126 808 unités, +9 % sur un an. Électrique : 44 378 unités, +127 %, soit 35 % du mois. Cumul sept mois : 983 974 unités, +2,65 %. Part BEV cumulée : 29,1 %, soit 285 940 unités.
Les volumes par motorisation autres que le BEV ne figurent pas dans le communiqué mensuel. Nous ne les reconstituons pas par règle de trois : appliquer un pourcentage arrondi à un total donne un chiffre d'apparence précise mais sans valeur. Les parts publiées suffisent au raisonnement flotte.
Ce que 35 % d'électrique change à votre catalogue
Un mix marché à 35 % de BEV signifie d'abord que la disponibilité s'améliore. Un modèle électrique généraliste n'est plus un pari sur un délai constructeur incertain — le volume écoulé prouve que les chaînes tournent. Cela déplace le sujet de la disponibilité vers celui de la configuration.
Ensuite, un marché épais alimente un marché de l'occasion épais à trois ans. C'est la variable clé du TCO en LLD, puisque la valeur résiduelle contractuelle est fixée par le loueur à la signature. Nous n'avons pas de série publique fiable donnant l'évolution des VR électriques à 36 mois par segment sur 2024-2026 : ce point est à demander directement à vos loueurs, qui disposent de leurs propres tables. Toute affirmation chiffrée générale sur ce sujet est à traiter avec prudence.
Enfin, l'épaisseur du marché BEV change la nature de la négociation. Sur un segment à volume, le loueur a des comparables ; sur un modèle de niche, il applique une décote de prudence sur la VR qui gonfle le loyer. Le mix marché est donc un argument de négociation directement mobilisable.
Le vrai sujet fiscal : le bonus entreprise n'existe plus
Un point mérite d'être rappelé sans détour, parce qu'il circule encore beaucoup de contenus périmés sur le sujet. Le bonus écologique est supprimé pour les personnes morales depuis le 2 décembre 2024, en application du décret n° 2024-1084 du 29 novembre 2024. En 2026, aucune entreprise ne perçoit de bonus écologique, ni sur les VP ni sur les VUL, comme le documente Freshmile.
Ce qui subsiste côté aides directes, ce sont les primes CEE versées par des fournisseurs d'énergie partenaires, dont les montants dépendent du dispositif et du type de véhicule, et la prime au rétrofit électrique. Ces montants évoluent et sont conditionnés : ils sont à vérifier au cas par cas au moment de la commande, auprès de l'organisme délivrant la prime.
Si votre plan de renouvellement 2026 a été construit sur une hypothèse de bonus entreprise, il est faux et le TCO de chaque ligne électrique est sous-estimé du montant intégré à tort. C'est le premier contrôle à faire.
Le levier fiscal qui reste : le plafond d'amortissement
Le vrai avantage fiscal du véhicule électrique en société n'est pas une aide à l'achat, c'est le plafond d'amortissement. Le barème 2026 comporte quatre tranches selon le taux WLTP porté sur la carte grise : 30 000 € sous 20 g/km de CO2, 20 300 € de 20 à 49 g/km, 18 300 € de 50 à 160 g/km, 9 900 € au-delà de 160 g/km. Le plafond s'apprécie sur la valeur TTC d'acquisition.
L'écart entre la tranche 0 g et la tranche 50-160 g est de 11 700 € de base amortissable. La fraction dépassant le plafond est réintégrée chaque année de façon extra-comptable au résultat fiscal — elle est donc perdue. Sur une flotte de vingt véhicules, l'arbitrage entre un électrique à 0 g et un hybride à 100 g pèse plusieurs dizaines de milliers d'euros de base déductible.
Deuxième levier structurel : la taxe annuelle sur les émissions de CO2, ancienne composante de la TVS, est supprimée pour les véhicules électriques qui n'émettent pas de CO2 à l'usage. Ce point est à croiser avec votre situation, notamment sur la seconde taxe annuelle relative aux polluants atmosphériques.
Le piège TVA que beaucoup de plans ignorent
Troisième contrôle à faire sur vos grilles de comparaison. La TVA sur les loyers de LLD d'un véhicule de tourisme n'est pas déductible, y compris lorsque le véhicule est strictement nécessaire à l'activité. Les exceptions sectorielles sont limitées : taxis, VTC, auto-écoles, ambulances, loueurs. Pour les véhicules classés utilitaires, la TVA sur les loyers est en revanche généralement récupérable.
Une évolution mérite d'être connue : l'administration a publié le 30 avril 2025 un rescrit ouvrant la possibilité de déduire la TVA sur les loyers de LLD d'un véhicule de tourisme mis à disposition d'un salarié, à condition qu'il existe une contrepartie clairement identifiable — retenue sur salaire, participation financière directe, ou renonciation à un autre avantage en nature. Cette voie est technique et son application concrète mérite une validation par votre conseil fiscal avant d'être intégrée à un plan.
La conséquence pratique est simple : comparer un loyer VP en HT et un loyer VUL en HT sans corriger de la TVA non récupérable côté VP fausse la comparaison de 20 %. C'est l'erreur la plus fréquente que nous voyons dans les grilles d'arbitrage internes.
Trois contrôles à mener avant vos commandes de rentrée
Premier contrôle : purger toute hypothèse de bonus écologique entreprise des TCO 2026. Elle est caduque depuis fin 2024.
Deuxième contrôle : reclasser chaque ligne du catalogue selon les quatre tranches du barème d'amortissement 2026, à partir du taux WLTP réel de la version commandée, finition et jantes comprises. Une même référence peut changer de tranche selon l'équipement.
Troisième contrôle : vérifier le traitement TVA appliqué dans vos comparatifs, VP contre VUL. Si votre grille compare des HT sans mention du régime TVA, elle est à refaire.
| Émissions CO2 (WLTP) | Plafond d'amortissement | Typologie concernée | Effet sur la base déductible |
|---|---|---|---|
| Moins de 20 g/km | 30 000 € | Électrique à batterie | Tranche la plus favorable |
| 20 à 49 g/km | 20 300 € | Hybride rechargeable performant | -9 700 € vs tranche BEV |
| 50 à 160 g/km | 18 300 € | Hybride full, thermique sobre | -11 700 € vs tranche BEV |
| Plus de 160 g/km | 9 900 € | Thermique et gros SUV | -20 100 € vs tranche BEV |
Barème 2026. La fraction excédant le plafond est réintégrée extra-comptablement au résultat fiscal chaque année.
FAQ flotte
Mon entreprise touche-t-elle encore un bonus écologique en 2026 ?
Non. Le bonus écologique est supprimé pour les personnes morales depuis le 2 décembre 2024, en application du décret n° 2024-1084 du 29 novembre 2024, pour les VP comme pour les VUL. Les primes CEE et la prime au rétrofit subsistent, avec des montants et conditions à vérifier au cas par cas au moment de la commande.
Quel plafond d'amortissement pour un véhicule électrique ?
30 000 € pour les véhicules émettant moins de 20 g/km de CO2, soit l'ensemble des électriques à batterie. Le plafond s'apprécie sur la valeur TTC d'acquisition. C'est 11 700 € de base amortissable de plus qu'un véhicule de la tranche 50-160 g/km.
Peut-on récupérer la TVA sur un loyer de LLD ?
Pas sur un véhicule de tourisme, sauf secteurs d'exception (taxis, VTC, auto-écoles, ambulances, loueurs). Sur un véhicule classé utilitaire, la TVA des loyers est généralement récupérable. Un rescrit du 30 avril 2025 ouvre une voie pour les VP mis à disposition d'un salarié avec contrepartie identifiable : à valider avec votre conseil fiscal avant intégration à un plan.
Le rebond de juillet est-il durable ?
Information non disponible à ce stade. Juillet cumule au moins deux effets techniques (fin de trimestre CO2, réouverture du leasing social le 16 juillet). Les communiqués PFA d'octobre et de novembre, portant sur des mois à conditions normales, permettront de trancher.