Pourquoi le bonus EV entreprise a disparu — décret 2024-1084 du 29 novembre 2024
Le bonus écologique pour les personnes morales (entreprises, associations, collectivités) a été supprimé par le décret n° 2024-1084 du 29 novembre 2024, entré en vigueur le 2 décembre 2024. La raison politique : recentrer le dispositif sur les ménages les plus modestes dans un contexte de tension budgétaire. La raison technique : éviter le double dispositif (bonus public + aides CEE financées par les fournisseurs d'énergie) qui pesait sur les comptes publics. service-public.fr a confirmé la disparition du bonus pour les personnes morales.
La suppression couvre les voitures particulières (VP) et les véhicules utilitaires légers (VUL). Une exception unique : les ménages les plus modestes (revenus de référence inférieurs à 16 300 € par part) conservent un bonus jusqu'à 4 000 € pour l'achat d'un VE neuf ou d'occasion (VP < 47 000 € PTAC inférieur à 2,4 tonnes). Mais aucune entreprise, association ou collectivité n'est concernée par ce maintien — le bonus est entièrement disparu côté flotte.
CEE véhicule — la nouvelle aide directe, jusqu'à 4 450 € VU et 525 € VP
Le dispositif Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) a été révisé par l'arrêté du 30 décembre 2024 pour absorber une partie de l'aide auparavant portée par le bonus écologique. Les CEE véhicules sont versés par des fournisseurs d'énergie partenaires (TotalEnergies, EDF, Engie, Cofidis Auto, etc.) dans le cadre de leur obligation CEE annuelle. Pour 2026, les montants sont structurés en trois grilles. Premier cas : véhicule utilitaire léger 100 % électrique neuf, prime CEE jusqu'à 4 450 € selon le profil énergétique de l'entreprise et le type de véhicule. Deuxième cas : voiture particulière 100 % électrique neuve pour usage flotte, prime CEE jusqu'à 525 €.
Troisième cas : véhicule hybride rechargeable neuf VU ou VP, prime variable de 200 à 1 200 € selon l'autonomie EV (≥ 50 km en cycle WLTP requis) et le seuil CO₂. Chargemap Business consolide les barèmes. La procédure de demande est simplifiée : l'acheteur signe avec le fournisseur d'énergie au moment de la livraison du véhicule, et le versement intervient sous 30 à 90 jours. La prime CEE est cumulable avec le suramortissement et les aides régionales.
Suramortissement véhicules propres — ce qui est reconduit en 2026
Le suramortissement véhicules propres (dispositif fiscal de l'article 39 decies A du Code Général des Impôts) a été reconduit jusqu'au 31 décembre 2030 par la Loi de Finances 2025, et confirmé dans la Loi de Finances 2026. Le mécanisme : l'entreprise déduit fiscalement, en sus de l'amortissement classique, 40 % du coût d'acquisition HT pour les véhicules de moins de 3,5 tonnes et 60 % pour les véhicules de plus de 3,5 tonnes (VUL et poids lourds), à condition que le véhicule fonctionne au gaz naturel, à l'hydrogène, à l'électricité ou en hybride rechargeable.
Sur un VUL électrique acquis 40 000 € HT, le suramortissement représente 40 000 € × 40 % = 16 000 € de déduction fiscale supplémentaire, soit 4 000 € d'économie d'IS au taux 25 %. Le mécanisme est cumulable avec la prime CEE — l'entreprise peut donc empiler 4 450 € (CEE max) + 4 000 € (suramortissement effectif IS) = 8 450 € d'aide totale sur un VUL EV à 40 000 €, soit 21 % du prix d'acquisition. Beev publie le mode opératoire complet.
Exonération de TVS — segments éligibles 2026
La Taxe sur l'Affectation des Véhicules de Tourisme (ex-TVS, désormais structurée en deux taxes distinctes depuis 2023 : taxe annuelle sur les émissions de CO₂ et taxe annuelle sur l'ancienneté) reste un coût significatif pour les flottes. Les véhicules 100 % électriques sont totalement exonérés des deux taxes en 2026. Les véhicules hybrides rechargeables émettant moins de 60 g CO₂/km bénéficient d'une exonération partielle pendant les 36 premiers mois suivant la première immatriculation, sur la taxe CO₂ seulement.
Sur une berline thermique essence type Peugeot 508 (CO₂ 135 g/km) en flotte, la taxe CO₂ annuelle 2026 s'élève à environ 1 700 € par véhicule. Sur 100 véhicules, le coût annuel TVS atteint 170 000 €. Une flotte 100 % EV économise intégralement ce poste. Sur une flotte mixte 50 % EV / 50 % thermique, l'économie ressort à 85 000 € annuels rien que sur la TVS — un argument central dans le calcul TCO 36 mois quand on compare deux scénarios de mix énergétique.
Aides régionales — la carte 2026 (Île-de-France, ARA, PACA, Bretagne)
Plusieurs régions et métropoles maintiennent des dispositifs d'aide spécifiques aux flottes EV en 2026. L'Île-de-France finance via le dispositif « TPE-PME ZFE » jusqu'à 9 000 € par véhicule EV pour les artisans et petites entreprises basées dans la métropole du Grand Paris, dans le cadre de la Zone à Faibles Émissions. Auvergne-Rhône-Alpes finance via le programme « ARA Mobilité » jusqu'à 3 000 € par véhicule EV pour les PME implantées dans la région et opérant dans la transition énergétique. PACA propose une aide « Verdir Mon Entreprise » jusqu'à 2 500 € par véhicule EV ou hybride rechargeable.
La Bretagne, l'Occitanie et les Pays de la Loire complètent les régions actives, avec des dispositifs ponctuels souvent liés à la transition agricole ou aux artisans ruraux. Ulys maintient une cartographie actualisée. Important : les aides régionales ne sont pas systématiquement cumulables avec les CEE véhicules. Vérifier les conditions de cumul auprès du gestionnaire régional avant de signer le bon de commande.
Aides à la borne — IRVE et CEE bornes flotte
L'investissement borne reste largement subventionné. Les Infrastructures de Recharge pour Véhicules Électriques (IRVE) bénéficient en 2026 du dispositif Advenir 2024-2027, qui couvre jusqu'à 50 % du coût HT d'une borne flotte avec un plafond de 2 200 € par point de charge AC et 9 000 € par point de charge DC (rapide). Le dispositif Advenir flotte est cumulable avec un CEE bornes spécifique : prime additionnelle de 200 à 1 500 € par borne selon la puissance et l'usage.
Concrètement, une PME qui installe 4 bornes AC 22 kW dans son parking pour usage flotte (coût total HT 8 800 €, soit 2 200 €/borne) peut bénéficier de : Advenir 50 % × 8 800 = 4 400 € + CEE 4 × 250 € = 1 000 €, soit 5 400 € d'aide soit 61 % du coût total. Le reste à charge ressort à 3 400 € HT, à amortir sur 5 ans dans la fiscalité entreprise. La rentabilité est immédiate dès le second mois d'utilisation grâce à l'économie de recharge externe.
Cumul des dispositifs — exemple chiffré sur un parc 10 utilitaires électriques
Prenons un cas concret : ETI parisienne (transport-logistique urbaine) qui renouvelle 10 utilitaires diesel par 10 VUL électriques (type Renault Master E-Tech ou Mercedes eVito) à 42 000 € HT pièce, soit 420 000 € HT d'investissement. La pile d'aides 2026 se compose comme suit. Premier dispositif : CEE véhicule 10 × 4 450 € = 44 500 €. Deuxième dispositif : suramortissement 40 % × 420 000 € = 168 000 € de déduction fiscale supplémentaire, soit 42 000 € d'économie d'IS effective au taux 25 %. Troisième dispositif : Île-de-France TPE-PME ZFE 10 × 9 000 € = 90 000 € (la PME étant éligible par sa taille).
Quatrième dispositif : exonération TVS 100 % sur 10 EV vs 10 diesel équivalents (CO₂ 165 g/km), économie annuelle 10 × 2 050 € = 20 500 €, soit sur 5 ans (durée d'amortissement) 102 500 €. Total des aides et économies fiscales sur 5 ans : 44 500 + 42 000 + 90 000 + 102 500 = 279 000 €, soit 66 % du coût d'acquisition HT total. Le reste à charge effectif sur 5 ans ressort à 141 000 € pour 10 véhicules électriques, soit 14 100 € HT par véhicule sur 5 ans — moins cher qu'un diesel équivalent sur la même période en tenant compte du coût carburant.
| Dispositif | 2024 — Montant max VU | 2024 — Montant max VP | 2026 — Montant max VU | 2026 — Montant max VP |
|---|---|---|---|---|
| Bonus écologique personne morale | 5 000 € | 3 000 € | 0 € (supprimé) | 0 € (supprimé) |
| CEE véhicule | 0 € | 0 € | 4 450 € | 525 € |
| Suramortissement 40 % | oui (IS effectif ~4 000 €) | oui (~2 800 €) | oui (~4 000 €) | oui (~2 800 €) |
| Exonération TVS (gain/an) | ~2 000 € | ~1 700 € | ~2 050 € | ~1 750 € |
| Aides régionales (max IDF) | ~9 000 € | ~6 000 € | 9 000 € | 6 000 € |
| Advenir borne 22 kW | 1 100 € | 1 100 € | 1 100 € | 1 100 € |
FAQ
Le bonus écologique entreprise reviendra-t-il en 2027 ?
Rien ne le suggère officiellement en mai 2026. La doctrine fiscale française consolide les aides CEE et le suramortissement, et le bonus pour personnes morales est considéré comme remplacé. Les annonces budgétaires pour 2027 (projet de Loi de Finances présenté à l'automne 2026) clarifieront la trajectoire.
Une PME peut-elle cumuler CEE et aides régionales ?
Selon les régions. L'Île-de-France autorise le cumul CEE + ZFE TPE-PME. PACA et Bretagne plafonnent à l'une ou l'autre. Vérifier auprès du gestionnaire régional avant le bon de commande pour éviter une rétractation post-aide.
Quels véhicules sont éligibles aux CEE en 2026 ?
VP et VUL 100 % électriques neufs (achetés ou loués en LLD/LOA), achetés à compter du 1er janvier 2026. Les VE d'occasion ne sont pas éligibles. Les hybrides rechargeables sont éligibles avec autonomie EV ≥ 50 km WLTP et CO₂ < 50 g/km.
Le suramortissement est-il vraiment maintenu pour 2026 ?
Oui, jusqu'au 31 décembre 2030 par la LF 2025, confirmé dans la LF 2026 (article 39 decies A CGI). 40 % de suramortissement pour véhicules ≤ 3,5 t, 60 % pour véhicules > 3,5 t.
Comment faire la demande CEE pour un véhicule de flotte ?
La démarche est portée par le fournisseur d'énergie partenaire (TotalEnergies, EDF, Engie, Cofidis Auto). L'acheteur signe une convention au moment de la commande, transmet la facture et le certificat d'immatriculation, et reçoit le versement sous 30 à 90 jours.